Clean Lyric
Paragraph Lyric
"La dernière fois que j'ai chanté dans cette salle, à la fin du concert
y'avait un type qui est venu jouer du saxophone alto avec moi. Ce type là
s'appelait Éric Letourneu, c'était un vieux pote, un bon joueur de sax en
plus. Et chaque soir que je chante cette chanson-là, que j'ai écrite depuis
sa mort, puisqu'il est mort d'overdose dans les chiottes d'un bistrot de la
République le jour de Noël, chaque fois, chaque fois que je chante cette
chanson-là, je dédie tout le concert à lui, c'est-à-dire tous les concerts
qu'on à fait depuis le début sont dédiés à Éric Letourneu. Éric Letourneu,
cette chanson là s'appelle Sax'aphone, et c'est dur de la chanter."

Ta dernière note vibre encore et le matin jaunit change encore de décor
Ton sax désossé au rancart de la mort
Pousse un dernier soleil vers le sang du dehors
A force de chercher une vie essentielle
A force de souffler les bougies du réel
A force de tourner les cartes du possible
Le printemps a givré ta musique invisible
Où joues-tu maintenant ?
Dans quel nuage rauque envoies-tu tes chorus
Un peu rauque, un peu doux, dans quelle cave lointaine
Parleras-tu d'amour jusqu'au levé du jour .

Je n'y crois pas encore, c'est une fugue un rien, t'es parti comme on sort
Tu vas téléphoner avec ta voix qui traîne
Demander des nouvelles des petits du poème
Qu'on écrivait ensemble dans nos nuits électriques
Tu es parti tout seul, tu as coulé à pic
Et dans ta veine bleue, cette aiguille glacée
Fait fleurir du dollar chez des dealers planqués
Je vais gueuler plus fort, je vais gueuler encore que je hais ce bourrin
Ce plastique et ce fer, ce voyage truqué
Ce remède de misère qui s'en va vers la mort

Papillons bleus et noirs découpés au couteau
Tournant dans les miroirs, dévorant les photos
Et mitant ma mémoire emportée par le vent glacé du désespoir
Je te fais ce cadeau à l'écriture fragile
Sur cette musique triste et belle du Brésil
Avec la voix cassée, dérisoire inutile
Qui ne réchauffe plus ton cœur entre tes cils
T'es parti une fois de trop, c'est difficile
Et tout sera classé au fond d'un fait divers
On dit que c'est fini, que c'est déjà hier et on sort prendre l'air.
"La dernière fois que j'ai chanté dans cette salle, à la fin du concert   y'avait un type qui est venu jouer du saxophone alto avec moi. Ce type là   s'appelait Éric Letourneu, c'était un vieux pote, un bon joueur de sax en   plus. Et chaque soir que je chante cette chanson-là, que j'ai écrite depuis   sa mort, puisqu'il est mort d'overdose dans les chiottes d'un bistrot de la   République le jour de Noël, chaque fois, chaque fois que je chante cette   chanson-là, je dédie tout le concert à lui, c'est-à-dire tous les concerts   qu'on à fait depuis le début sont dédiés à Éric Letourneu. Éric Letourneu,   cette chanson là s'appelle Sax'aphone, et c'est dur de la chanter."      Ta dernière note vibre encore et le matin jaunit change encore de décor   Ton sax désossé au rancart de la mort   Pousse un dernier soleil vers le sang du dehors   A force de chercher une vie essentielle   A force de souffler les bougies du réel   A force de tourner les cartes du possible   Le printemps a givré ta musique invisible   Où joues-tu maintenant ?   Dans quel nuage rauque envoies-tu tes chorus   Un peu rauque, un peu doux, dans quelle cave lointaine   Parleras-tu d'amour jusqu'au levé du jour .      Je n'y crois pas encore, c'est une fugue un rien, t'es parti comme on sort   Tu vas téléphoner avec ta voix qui traîne   Demander des nouvelles des petits du poème   Qu'on écrivait ensemble dans nos nuits électriques   Tu es parti tout seul, tu as coulé à pic   Et dans ta veine bleue, cette aiguille glacée   Fait fleurir du dollar chez des dealers planqués   Je vais gueuler plus fort, je vais gueuler encore que je hais ce bourrin   Ce plastique et ce fer, ce voyage truqué   Ce remède de misère qui s'en va vers la mort      Papillons bleus et noirs découpés au couteau   Tournant dans les miroirs, dévorant les photos   Et mitant ma mémoire emportée par le vent glacé du désespoir   Je te fais ce cadeau à l'écriture fragile   Sur cette musique triste et belle du Brésil   Avec la voix cassée, dérisoire inutile   Qui ne réchauffe plus ton cœur entre tes cils   T'es parti une fois de trop, c'est difficile   Et tout sera classé au fond d'un fait divers   On dit que c'est fini, que c'est déjà hier et on sort prendre l'air.
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